lundi 7 décembre 2009

Quatrième étape -- La première session

Karine
Comment s’est déroulée ta première journée au Cégep, en août 2008 ?

Karen
J’étais un peu nerveuse, mais aussi contente. J’avais hâte de voir comment les cours allaient se passer, quels types de personnes étaient inscrites au programme. On m’avait dit qu’il y aurait beaucoup d’adultes dans le cours, mais je ne savais pas trop à quoi m’attendre.

Karine
Moi aussi, c’était surtout les autres étudiants que j’avais hâte de voir, puisque j’avais déjà une idée de ce à quoi ressemblait les cours, après la journée « Élève d’un jour ». J’étais un peu surprise de voir que nous étions assez nombreux en début de session (25 étudiants environ). En dehors des cours, je cherchais à me faire mon « nid » au cégep, c’est-à-dire à trouver mon casier, y mettre mon cadenas, placer mes effets scolaires… Heureusement, je connaissais déjà le cégep et il n’avait pas tellement changé depuis mes études en Lettres et langues dix ans auparavant. Une autre de mes priorités lors de cette première journée était d’établir le contact avec les autres étudiants de mes cours. Je crois que, même si on est des adultes, on a toujours peur d’être isolé et de ne pas réussir à se faire des amis. Avais-tu ce genre de crainte?

Karen
Oui, tu veux te faire des amis… Mais on dirait que c’est tout à recommencer, on se sent un peu comme un petit écolier.

Karine
Oh oui! Au début, je me sentais vraiment comme si j’avais fait un retour dans le temps, que j’avais régressé à l’époque de mon premier passage au Cégep, voire de l’école secondaire et que je devais réapprendre à socialiser avec des gens dans une classe. Mais je te dirais qu’à la première session, j’ai pris ça un peu plus « mollo ». J’ai entrepris la session en me disant que l’important pour les 15 semaines à venir, c’était de m’adapter à cette nouvelle étape de ma vie, de me familiariser avec ce nouveau domaine, ce nouvel horaire, dépoussiérer mes méthodes d’études, créer des liens, etc. Je prenais mon étude comme un jeu et j’étudiais fort, mais quand je me sentais fatiguée, j’arrêtais, je me donnais beaucoup de permission. Je me répétais constamment : « vas-y à ton rythme ». Au point de vue de mes résultats scolaires, je m’étais préparée à l’éventualité d’avoir une moyenne correcte, sans plus. J’ai tout de même été contente de voir que je réussissais bien et ça m’a confirmé que j’avais fait le bon choix de programme.

Karen
Moi je voulais partir du bon pied, je voulais être bien organisée, je voulais être à date dans mes choses. Je pense que durant cette première session, j’ai accompli cela. Je voulais rester à date, parce que je me disais que je ne pouvais me permettre de prendre du retard. J’avoue que ça a été toute une adaptation au point de vue de la gestion du temps, d’être capable de tout gérer : les responsabilités familiales, les devoirs, les tâches ménagères, les activités des enfants. Il fallait prendre du temps pour chaque chose. Pour mes enfants aussi, c’était la rentrée. C’est déjà beaucoup de reprendre la routine des devoirs pour tout le monde, mais je rajoutais mes propres travaux par-dessus tout ça. C’était comme si je travaillais à temps plein.

Karine
Savoir quand on doit ou on peut s’arrêter qui est difficile au début, aussi.

Karen
Oui, je pense qu’on est très exigeant aussi envers nous-mêmes. On se dit : « je sais pourquoi je suis ici, je veux bien faire, je veux me concentrer, etc. » À un moment donné, il faut apprendre à décrocher.

Karine
Qu’est-ce que tu as le plus apprécié de la première session, toi?

Karen
J’ai beaucoup aimé les cours. J’ai pu voir tout de suite l’étendue du programme, toutes les opportunités qui s’ouvraient à nous. J’ai aussi pu constater que ce n’était pas aussi pire que ça de faire des travaux, des examens. Ça ne m’a pas trop dérangé, mais ça prenait du temps. Il fallait que je sois bien organisée. Et toi?

Karine
J’ai trouvé qu’on nous a bien établi les bases théoriques. À la fin de la première session, je sentais que je connaissais vraiment mieux le domaine. C’était rassurant. J’ai aussi apprécié notre groupe, tout le monde se parlait, des liens commençaient à se tisser. C’était assez comique de voir cet amalgame d’adultes et de jeunes. Les jeunes avaient en général tendance à se tenir ensemble et les adultes d’à peu près le même âge se rassemblaient aussi. Il y avait une sorte de sentiment de solidarité entre les adultes, qui devaient tenter de se mêler à une foule d’étudiants âgés en majorité de 17 à 20 ans.


Karen
C’était rassurant de sentir que nous n’étions pas seul à franchir cette étape-là. Il y avait un grand intervalle entre mes premières études au Cégep et ces études en Techniques de la documentation.. Les couleurs des murs du Cégep sont les mêmes (rires), mais les jeunes qui déambulent dans les corridors sont d’une autre génération.

Karine
Ma petite sœur, qui a 9 ans de moins que moi, étudiait au Cégep à ce moment-là. Elle et moi ne nous étions jamais croisées dans aucune école avant, vu la grande différence d’âge. Et là, nous nous retrouvions au même niveau d’étude, en même temps. Elle en était à sa dernière année, moi je commençais mes études (rires). L’avantage, c’est qu’elle a pu me mettre au courant de tous les changements qui étaient survenus au Cégep, des nouveaux systèmes de ICO, MIO, LÉA…

Karen
Comment était ton niveau d’énergie durant cette première session?

Karine
Pendant la première session, j’avais suffisamment d’énergie. Je n’avais pas d’emploi à temps partiel, puisque mes prêts et bourses étaient suffisants et que mon conjoint m’aidait financièrement. Dans les mois avant le début du programme, j’avais eu la chance de pouvoir refaire le plein d’énergie et ça m’a beaucoup aidée. Mais c’est certain qu’il a fallu que je m’ajuste à l’horaire. Les cours débutaient à 8h tous les matins et je n’étais pas nécessairement habituée de me lever si tôt. Les premières semaines ont demandé un certain ajustement. Il est arrivé quelques fois pendant les premières semaines, que j’aille me coucher pour la nuit sitôt rentrée à la maison. Je crois que l’important, c’était que j’écoute mon corps et mes besoins. Si j’étais fatiguée, j’allais me coucher.

Karen
Ah moi, les premières semaines, j’étais crevée. Surtout les lundis, où on terminait les cours à 17h. J’arrivais à la maison complètement vidée. Je me disais que ça n’avait pas de bon sang d’avoir si peu d’énergie. Ça a pris quelques semaines à m’ajuster, après ça, j’avais de l’énergie.

Karine
Ce qui m’a aidé, c’est que j’avais vraiment réduit mes activités en dehors des études au minimum.

Karen
Tu vois, je pense que c’est l’erreur que j’ai fait : j’ai voulu gardé toutes les activités que je faisais avant la Techniques. Les activités des enfants, les activités de bénévolat que je faisais à leur école. J’ai réalisé par la suite que j’aurais dû me dire que je commençais une nouvelle étape et que je ne pouvais pas tout faire. J’avais l’impression que je serais capable de tout faire et je ne voulais rien enlever, parce que c’était des activités qui m’intéressaient, que je faisais pour moi. C’était une trop lourde charge. Il aurait au moins fallu que je fasse des choix et que j’accepte que pour un temps, je serais moins disponible pour les autres. J’ai compris tout ça plus tard. Avant de reprendre les études, je pense maintenant que c’est important de mettre toutes les chances de notre côté et de faire le ménage dans ses priorités.

Karine
Je crois que c’est difficile, pour nous en tant qu’étudiants adultes, d’accepter nos limites. D’accepter qu’on ne réussira pas à tout faire à la perfection et que tous les domaines de notre vie ne pourront pas demeurés intacts tout le temps.

RESSOURCES UTILES

BOUCHER, Guylaine. -- «Il n’y a pas d’âge pour apprendre!». – Coup de pouce. – Vol. 21, no 1, (mars 2004). – ISSN 0822-3033. -- P. 47-54

CALVERT, Russell. – L’art de s’adapter au changement : 150 stratégies pour ne pas y laisser votre peau. – Loretteville : Le Dauphin blanc, 2003. – ISBN 2894361041. – 197 p.

Chicken soup for the college soul : inspiring and humorous stories about college. – [compiled by] Jack Canfield et al. – Deerfield Beach : Health Communications, 1999. – ISBN 1558747028. – 340 p.

LECOMPTE, Marie. -- «Étude et travail : un duo à apprivoiser». – Coup de pouce. – Vol. 10, no 7, (sept. 1993). – ISSN 0822-3033. -- P. 88-94

PINAULT, Lucie. – Pour réussir son retour aux études. – Montréal : Du Trécarré, ©1994. – ISBN 2892495261

lundi 30 novembre 2009

Troisième étape -- La préparation













Karine
Après avoir pris ma décision, j’étais aussi excitée qu’anxieuse. Alors pour gérer mon anxiété, j’ai compris qu’il fallait que je me sente bien préparée à effectuer cette transition. J’avoue que j’ai été un peu obsessionnelle dans cette préparation, je voulais au départ prévoir et tenter de contrôler ou de prévenir tous les éléments qui auraient pu nuire à mon projet de retour aux études. Je voulais vraiment mettre de l’ordre dans ma vie. Je crois donc que ce fut une bonne chose que je ne pouvais commencer mes études qu’en septembre, ce qui me laissait plusieurs mois devant moi. J’ai fait beaucoup de listes pendant cette période-là, pour chaque domaine de ma vie : finances et besoins matériel, santé et forme, gestion du temps et du stress, relations, etc. J’ai ainsi fait un bilan de ma vie pour voir où j’en étais. Ça m’a rassurée, d’avoir toutes ces listes de ressources, de solutions possibles à portée de la main. Je crois que ça m’a beaucoup aidée à me préparer mentalement à ce qui m’attendait en retournant au Cégep.


Karen
Moi je suis pas mal moins organisée que ça (rires). Quand j’ai pris la décision, j’étais vraiment stressée à l’idée de ce grand changement, mais j’ai rempli le formulaire et quand j’ai appuyé sur « envoyer », je me suis dit : « oh mon Dieu, dans quoi je m’embarque ». Mais quelque chose me disait qu’il était temps que je sorte de ma bulle protectrice, de ma zone de confort, que je fonce un peu. Mon but ultime, c’était de retourner sur le marché du travail, mais je n’étais pas prête à ça tout de suite. Le retour aux études me permettait de faire la transition entre la maison et le travail. J’ai fait ma demande d’inscription au deuxième tour, vers le mois de mars ou avril et je commençais en septembre. Je pensais beaucoup à comment ça allait être…

Karine
Est-ce que ça te stressait?

Karen
Un petit peu, mais pas tant que ça. Je me demandais simplement comment ça allait se dérouler, comment j’allais gérer le quotidien. Comment allais-je conjuguer l’école, la famille et toutes les autres obligations (les devoirs, les repas, les activités)? J’avais heureusement un conjoint qui était compréhensif, qui était là pour m’aider et qui était d’accord avec mon choix. Je me disais qu’on allait trouver les solutions pour que ça marche. En septembre, j’avais ma plus jeune qui entrait à la maternelle, ma plus vieille qui entrait à l’école secondaire et moi, la maman, qui retournais aux études au Cégep. Juste de préparer tout le monde pour la rentrée, c’était quelque chose. Pour ce qui était de la préparation de mes effets scolaires, je me disais que j’allais prendre ce qui restait du matériel des enfants. Un vieux cartable ici, un paquet de feuilles mobiles et un crayon (rires). Je n’avais pas de sac d’école… J’ai plus compris de quoi j’aurais besoin une fois la session commencée. Au point de vue des vêtements, je voulais « blender » avec les jeunes (rires). Alors, je voulais voir ce que les gens auraient l’air avant de dépenser. Je ne suis pas vraiment quelqu’un qui pose des questions, je n’aurais pas pensé à téléphoner au Cégep, par exemple, pour avoir plus d’informations. Je me suis dit, j’y vais, je l’essaie.

Karine
Aussi, avant que septembre arrive, j’ai fait un peu toutes les choses que je savais que j’allais devoir mettre un peu de côté pendant trois ans. J’ai écrit une ébauche d’un livre, j’ai voyagé un peu. Ça m’a permis d’entrer dans les Techniques sans me sentir vite privée de faire les choses que j’aimais, faute de temps, de moyens financiers. J’étais alors prête à m’investir à fond dans cette nouvelle vie d’étudiante.

RESSOURCES UTILES

DORAY, Pierre ; Bélanger, Paul ; Mason, Lucia. -- «Entre hier et demain : carrières et persévérance scolaire des adultes dans l’enseignement technique». – Lien social et politiques-RIAC. – No 54 (automne). -- ISSN 1204-3206. – P. 75-89

LECOMPTE, Marie. -- «Le retour aux études : le chemin ardu des écolières». – Femme plus. – Vol. 5, no 7, (août 1992). – ISSN 0838-9446. -- P. 48-51

LOREAU, Dominique. -- L’art des listes : simplifier, organiser, enrichir sa vie. – Paris : Robert Laffont, ©2007. – 279 p.

PARÉ, Jean-François. -- «Retour aux études : où trouver les sous?». – Femme plus. – Vol. 10, no 8, (sept. 1997). -- ISSN 0838-9446. – P. 21-33

dimanche 29 novembre 2009

Deuxième étape -- La décision

Karine
Toutes les deux, nous avons beaucoup douté avant de retourner aux études. De ton côté, quels ont été les éléments déterminants dans le choix du programme d'études des Techniques de la documentation?

Karen
J’hésitais entre deux programmes de Techniques, dans deux branches complètement différentes. Avec mon baccalauréat en Biologie, j’ai pensé m’inscrire en Techniques biomédicales. Mais j’ai senti que c’était beaucoup trop exigeant pour moi à ce moment-là. J’étais aussi attirée par les Techniques de la documentation, parce que je faisais alors du bénévolat à la bibliothèque de l’école de mes enfants.

Karine
Le fait que tu avais déjà cette expérience de bénévolat en bibliothèque a donc eu une grande influence sur ta décision ?

Karen
Oui, parce que sinon je n’aurais même jamais envisagé ce programme. Je n’y aurais tout simplement pas pensé. C’est en cherchant de l’information sur les programmes de Techniques que j’ai vu presque par hasard que le programme des Techniques de la documentation avait l’air lié à ce que je faisais à la bibliothèque.

Karine
Tu as fait du bénévolat à la bibliothèque pendant combien de temps ?

Karen
Pendant deux ans. C’est un peu par hasard que j’ai voulu faire du bénévolat à la bibliothèque. Je voulais alors simplement m’impliquer à l’école de mes enfants. Mais j’adore les livres, alors je trouvais que c’était super intéressant et le fait de contribuer à intéresser les enfants à la lecture me stimulait. Je pouvais m’intéresser à ce qu’ils lisent, les appuyer et les former à la recherche…














Karine
Pour moi ce qui a été déterminant dans le choix de ce programme, outre les considérations financières, c’est le fait que j’ai pu approcher cette idée de manière progressive. J’ai pu commencer par rassembler un maximum d’information sur le programme (sur le site Internet du Cégep, à la journée « Portes ouvertes »). Ensuite, j’ai pu m’inscrire comme Élève d’un jour, pour assister à deux cours. J’ai assisté entre autres au cours de Documents et producteurs, un cours de première année qui établit l’ensemble des bases théoriques pour le reste du programme. J’ai donc vraiment pu voir comment ça se passait, si je me sentais à ma place. Je ressentais vraiment le besoin d’y aller étape par étape, de ne pas trop m’engager vite, afin de m’assurer de faire le bon choix. J’ai pris pratiquement un an du moment où j’ai songé sérieusement à m’inscrire jusqu’au moment de l’inscription en bonne et due forme.

Karen
Moi, tu vois, je ne savais pas que des ressources comme « Élève d’un jour » existaient. Je suis allée voir sur le site Internet pour la description du programme et pour m’inscrire et c’est tout. Moi, j’ai seulement consulté le contenu du programme sur le site Internet du Cégep.

Karine
C’est certain aussi que c’est la bibliothéconomie qui nous attire davantage au départ, parce qu’en général, on connaît davantage le milieu des bibliothèques que les milieux de la gestion des documents administratifs et des archives.

Karen
J’avoue que je ne connaissais pas la moitié de ce que le programme offrait comme possibilités d’emplois et comme variété dans les matières à l’étude. Je suis entrée dans le programme en me disant que je voulais travailler dans une bibliothèque, mais je me voyais comme le commis au comptoir à la bibliothèque. Je ne voyais pas que ça ne correspondait pas au travail d’un technicien en documentation. Je ne m’étais peut-être pas suffisamment questionnée, mais j’avais un sentiment que j’allais être bien dans ce domaine.

Karine
C’est certain que la prise de décision se fonde aussi sur une intuition. On sait qu’on fait le bon choix. Le contexte de nos vies au moment de prendre ce genre de décision a aussi son importance. De mon côté, j’étais travailleuse autonome et je ressentais le besoin de vivre avec une plus grande sécurité financière. Par moment, je pouvais faire des 70-80 heures par semaine, alors qu’à d’autres périodes, je n’avais aucun contrat. Je n’avais pas le sentiment non plus de contribuer à quelque chose de vraiment important. Les Techniques de la documentation pour moi représentaient le partage du savoir et des connaissances et ça comblait mon besoin de m’investir dans quelque chose auquel je crois. D’un autre côté, ma relation amoureuse souffrait beaucoup de cette insécurité financière et du stress que mon travail me causait. J’ai donc dû revoir complètement mes priorités et faire des choix selon mes valeurs.

Karen
Moi j’étais à la maison avec mes enfants jusque-là. De décider de retourner aux études, c’était pour moi, en grande partie, pour avoir quelque chose qui m’appartient en propre. Je voulais m’accomplir et aussi pour apporter une contribution financière à ma famille. Ma petite dernière rentrait à la maternelle, je sentais que j’avais fait la part que j’avais à faire d’être à la maison avec mes enfants jusqu’à ce qu’ils soient à l’école. Je ne voulais pas mettre toute la charge de pourvoir aux besoins de la famille sur mon conjoint. C’était donc une décision que j’ai prise d’abord pour moi, mais également pour le bien-être de ma famille.

RESSOURCES UTILES

DAIGNEAULT, France. -- «Choisissez le cours de votre vie!». – Tandem. – Vol. 9, no 5, (mars 1996). – ISSN 1196-8249. -- P. 28-29

Guide pratique des études collégiales au Québec. – Montréal : Service régional d’admission du Montréal métropolitain, 2009. – ISBN 9782921667364

LEBOEUF, Jean-Guy. – Prends ton passé, vis ton présent, crée ton future. – 5e éd. rev. et corr. -- Saint-Hubert : Un monde différent, ©1976. – ISBN 2892251974. – 192 p.

Les carrières de la formation collégiale. – [dir., recherché et rédaction, Christine Lanthier. – Montréal : Jobbom, ©2007. – ISBN 2895820902

Première étape -- La contemplation


Karen
Combien de temps as-tu passé à contempler l’idée de retourner aux études ?

Karine
Je te dirais un bon dix ans (rires).

Karen
Moi j’ai résisté pendant longtemps. Je voulais retourner à l’Université…

Karine
Moi aussi j’ai beaucoup résisté, au fond. Mais de mon côté, la résistance venait de la peur de devoir mettre de côté mes projets d’écriture en retournant aux études. Mes projets personnels ont toujours pris beaucoup de place dans ma vie, beaucoup d’importance et ça m’a pris du temps à me rendre compte que je n’étais pas obligée de les sacrifier parce que je m’investissais dans une nouvelle carrière.

Au fond, j’ai commencé à penser aux Techniques de la documentation alors que j’étais au Cégep en Lettres et langues, entre 1997-1999. Pour une raison obscure, j’étais très intriguée par le programme, quand je passais devant les locaux des Techniques, je ralentissais pour observer les gens qui s’y trouvaient. Les locaux étaient alors beaucoup plus petits que maintenant, il n’y avait pas, à ma connaissance d’ordinateurs. Seulement de hautes étagères débordant de livres. Je voyais des groupes d’étudiants rassemblés autour d’une table, penchés au-dessus de gros ouvrages et une petite voix intérieure me disait que j’aurais bien voulu être parmi eux. Mais dans ma tête, à cet âge-là, ce n’était pas assez « bon », un diplôme technique. Dans ma famille, les études universitaires étaient très valorisées, même si ou peut-être parce que la plupart des autres membres de la famille n’y étaient jamais allés. Je me souviens toutefois de m’être demandé, pendant toutes mes études de baccalauréat, si ça n’aurait pas été le chemin le plus simple pour moi. Je ne voyais pas à quel point ma passion pour la littérature, pour la recherche, pour la rédaction était liée aux Techniques.

Karen
Moi aussi je pense que longtemps j’ai envisagé de retourner aux études. Le premier réflexe, c’est de retourner à l’université, parce qu’on a déjà fait l’université et qu’on ne veut pas « aller en deçà » de ce niveau d’études. Mais je n’avais tellement pas d’idées dans quel domaine je voulais me diriger. Je ne voulais pas non plus passer des sessions à l’université à changer de programme. On se dit que si on s’investit dans un programme, on va aller jusqu’au bout. On a le sentiment d’avoir moins de temps à perdre. Alors, je crois que j’avais vraiment peur d’aller à l’université et de me tromper de programme. Je regardais tous les programmes qui existaient, mais j’étais aussi limitée par le fait que je ne pouvais pas déménager, il fallait donc que je choisisse un programme offert en Outaouais ou à Ottawa. Aussi, l’université me semblait exiger une grande charge de travail, ça me semblait lourd. Finalement, je me suis dit qu’un programme technique serait une bonne idée. Dans ma tête, à ce moment-là, la charge de travail serait plus « mollo » (rires). Finalement, c’est quand même très exigeant. Mais à partir du moment où j’ai pris ma décision et que j’ai trouvé ce que je voulais faire, l’idée d’avoir des examens, des travaux me dérangeait moins.

RESSOURCES UTILES

BOUTIN, Lorraine. – «L'âge de tous les possibles : les adultes qui retournent à l'école». – Cité éducative [en ligne]. – Vol. 18, no 2, (mars 2003), p. 12-15. – [Réf. du 7 déc. 2009] Accès : http://www.ageefep.qc.ca/docs/ce/2003mars.pdf

BRIDGES, William. – Transitions de vie : comment s’adapter aux tournants de notre existence. – Traduit de l’américain par Myriam Shalak. – Paris : InterÉditions, ©2006. – ISBN 9782100496914. – 184 p.

GUINDON, Michel . – Le retour aux études de l'adulte : répercussions personnelles, familiales et professionnelles. – Saint-Laurent : Éditions du Renouveau pédagogique, 1995. – ISBN 2761308085, -- 70 p.

LOREAU, Dominique. – L’art des listes : simplifier, organiser, enrichir sa vie. – Paris : Robert Laffont, ©2007. – 279 p.

MONBOURQUETTE, Jean. – À chacun sa mission : découvrir son projet de vie. – Ville Mont-Royal, Québec : Novalis, ©1999. – 201 p.

ROBERGE, Michèle. – Tant d’hiver au cœur du changement : essai sur la nature des transitions. – Sainte-Foy : Septembre, ©1998. – ISBN 289471078X. – 171 p.

RODGERS, Caroline (2008). – «Retour aux études : la recette du succès». -- La Presse, cahier Carrière et emplois. – (6 septembre 2008). -- P. 2 et 11

SIMARD, Marie-Hélène. -- «Le retour aux études». – Centre d’aide aux étudiants, Université Laval [en ligne]. – [Réf. du 7 déc. 2009]. – Accès: http://www.aide.ulaval.ca/sgc/pid/8858#Conseils